Beaux textes pour ROMAIN !

Une très grande pensée adressée à mon fils chéri ROMAIN.

Être aimé

SourireCourÉcoute-moi. Voici la chose nécessaire :
Être aimé. Hors de là rien n'existe, entends-tu ? 
Être aimé, c'est l'honneur, le devoir, la vertu, 
C'est Dieu, c'est le démon, c'est tout. J'aime, et l'on m'aime. 
Cela dit, tout est dit. Pour que je sois moi-même, 
Fier, content, respirant l'air libre à pleins poumons, 
Il faut que j'aie une ombre et qu'elle dise : Aimons ! 
Il faut que de mon âme une autre âme se double, 
Il faut que, si je suis absent, quelqu'un se trouble, 
Et, me cherchant des yeux, murmure : Où donc est-il ? 
Si personne ne dit cela, je sens l'exil, 
L'anathème et l'hiver sur moi, je suis terrible, 
Je suis maudit. Le grain que rejette le crible, 
C'est l'homme sans foyer, sans but, épars au vent. 
Ah ! celui qui n'est pas aimé, n'est pas vivant. 
Quoi, nul ne vous choisit ! Quoi, rien ne vous préfère ! 
A quoi bon l'univers ? l'âme qu'on a, qu'en faire ? 
Que faire d'un regard dont personne ne veut ? 
La vie attend l'amour, le fil cherche le noeud. 
Flotter au hasard ? Non ! Le frisson vous pénètre ; 
L'avenir s'ouvre ainsi qu'une pâle fenêtre ; 
Où mettra-t-on sa vie et son rêve ? On se croit 
Orphelin ; l'azur semble ironique, on a froid ; 
Quoi ! ne plaire à personne au monde ! rien n'apaise 
Cette honte sinistre ; on languit, l'heure pèse, 
Demain, qu'on sent venir triste, attriste aujourd'hui, 
Que faire ? où fuir ? On est seul dans l'immense ennui. 
Une maîtresse, c'est quelqu'un dont on est maître ; 
Ayons cela. Soyons aimé, non par un être 
Grand et puissant, déesse ou dieu. Ceci n'est pas 
La question. Aimons ! Cela suffit. Mes pas 
Cessent d'être perdus si quelqu'un les regarde. 
Ah ! vil monde, passants vagues, foule hagarde, 
Sombre table de jeu, caverne sans rayons ! 
Qu'est-ce que je viens faire à ce tripot, voyons ?
J'y bâille. Si de moi personne ne s'occupe, 
Le sort est un escroc, et je suis une dupe. 
J'aspire à me brûler la cervelle. Ah ! quel deuil !
Quoi rien ! pas un soupir pour vous, pas un coup d'oeil ! 
Que le fuseau des jours lentement se dévide ! 
Hélas ! comme le coeur est lourd quand il est vide ! 
Comment porter ce poids énorme, le néant ? 
L'existence est un trou de ténèbres, béant ; 
Vous vous sentez tomber dans ce gouffre. Ah ! quand Dante 
Livre à l'affreuse bise implacable et grondante 
Françoise échevelée, un baiser éternel 
La console, et l'enfer alors devient le ciel. 
Mais quoi ! je vais, je viens, j'entre, je sors, je passe, 
Je meurs, sans faire rien remuer dans l'espace ! 
N'avoir pas un atome à soi dans l'infini ! 
Qu'est-ce donc que j'ai fait ? De quoi suis-je puni ? 
Je ris, nul ne sourit ; je souffre, nul ne pleure. 
Cette chauve-souris de son aile m'effleure, 
L'indifférence, blême habitante du soir. 
Être aimé ! sous ce ciel bleu - moins souvent que noir -
Je ne sais que cela qui vaille un peu la peine 
De mêler son visage à la laideur humaine, 
Et de vivre. Ah ! pour ceux dont le coeur bat, pour ceux 
Qui sentent un regard quelconque aller vers eux, 
Pour ceux-là seulement, Dieu vit, et le jour brille ! 
Qu'on soit aimé d'un gueux, d'un voleur, d'une fille, 
D'un forçat jaune et vert sur l'épaule imprimé, 
Qu'on soit aimé d'un chien, pourvu qu'on soit aimé !


A VIRGILE.

CoolÔ Virgile ! ô poète ! ô mon maître divin !
Viens, quittons cette ville au cri sinistre et vain, 
Qui, géante, et jamais ne fermant la paupière, 
Presse un flot écumant entre ses flancs de pierre, 
Lutèce, si petite au temps de tes Césars, 
Et qui jette aujourd'hui, cité pleine de chars, 
Sous le nom éclatant dont le monde la nomme, 
Plus de clarté qu'Athène et plus de bruit que Rome.

Pour toi qui dans les bois fais, comme l'eau des cieux, 
Tomber de feuille en feuille un vers mystérieux, 
Pour toi dont la pensée emplit ma rêverie, 
J'ai trouvé, dans une ombre où rit l'herbe fleurie, 
Entre Buc et Meudon, dans un profond oubli,
- Et quand je dis Meudon, suppose Tivoli ! -
J'ai trouvé, mon poète, une chaste vallée 
A des coteaux charmants nonchalamment mêlée, 
Retraite favorable à des amants cachés, 
Faite de flots dormants et de rameaux penchés, 
Où midi baigne en vain de ses rayons sans nombre 
La grotte et la forêt, frais asiles de l'ombre !

Pour toi je l'ai cherchée, un matin, fier, joyeux, 
Avec l'amour au coeur et l'aube dans les yeux ; 
Pour toi je l'ai cherchée, accompagné de celle 
Qui sait tous les secrets que mon âme recèle, 
Et qui, seule avec moi sous les bois chevelus, 
Serait ma Lycoris si j'étais ton Gallus.

Car elle a dans le coeur cette fleur large et pure, 
L'amour mystérieux de l'antique nature ! 
Elle aime comme nous, maître, ces douces voix, 
Ce bruit de nids joyeux qui sort des sombres bois,
Et, le soir, tout au fond de la vallée étroite, 
Les coteaux renversés dans le lac qui miroite, 
Et, quand le couchant morne a perdu sa rougeur, 
Les marais irrités des pas du voyageur, 
Et l'humble chaume, et l'antre obstrué d'herbe verte, 
Et qui semble une bouche avec terreur ouverte, 
Les eaux, les prés, les monts, les refuges charmants, 
Et les grands horizons pleins de rayonnements !

Maître ! puisque voici la saison des pervenches, 
Si tu veux, chaque nuit, en écartant les branches, 
Sans éveiller d'échos à nos pas hasardeux, 
Nous irons tous les trois, c'est-à-dire tous deux, 
Dans ce vallon sauvage, et de la solitude,
Rêveurs, nous surprendrons la secrète attitude. 
Dans la brune clairière où l'arbre au tronc noueux 
Prend le soir un profil humain et monstrueux, 
Nous laisserons fumer, à côté d'un cytise, 
Quelque feu qui s'éteint sans pâtre qui l'attise, 
Et, l'oreille tendue à leurs vagues chansons, 
Dans l'ombre, au clair de lune, à travers les buissons, 
Avides, nous pourrons voir à la dérobée 
Les satyres dansants qu'imite Alphésibée.

 

LES CARESSES DES YEUX.

LES CARESSES DES YEUX SONT LES PLUS ADORABLES

ELLES APPORTENT L'AME AU PLUS PROFOND DE L'ETRE

ET LIVRENT DES SECRETS AUTREMENT INEFFABLES

DANS LESQUELS SEUL LE FOND DU COEUR PEUT APPARAITRE..

 Poème de Auguste Angellier (1848-1911)

 




 

 

 

 

CourLa cloche de Noël.

Recueil : La nuit de Noël (1858)

L'air est froid ; dans les cieux la lune brille et fuit ;
La cloche de Noël résonne dans la nuit.

Irai-je dans le temple où s'assemblent mes frères ?
Irai-je vers le Dieu qui consolait mes pères ?
Non, le temple est ouvert aux enfants de la foi,
Et le Dieu qui console est étranger pour moi.
Non, je ne prierai point ; que me fait la prière ?
Moi, j'écoute le vent siffler dans la bruyère.

L'air est froid ; dans les cieux la lune brille et fuit ;
La cloche de Noël résonne dans la nuit.

Voici la nuit du Christ, la nuit miraculeuse :
A cette heure, du ciel la voix mystérieuse
Plane sur le berceau des enfants nouveau-nés ;
Mais cette voix n'est pas pour les infortunés ;
S'ils regardent le ciel il devient noir et sombre,
Et des bruits effrayants les menacent dans l'ombre.

L'air est froid; dans les cieux la lune brille et fuit ;
La cloche de Noël résonne dans la nuit.

Ne priez point pour moi dans le temple rustique,
Ne priez point pour moi dans la chapelle antique,
Ô vous tous qui priez, ne priez point pour moi.
Seulement, si, le coeur saisi d'un vague effroi,
Vous arrêtez vos pas auprès du cimetière,
Pleurez, pleurez les morts et leur froide poussière.

L'air est froid ; dans les cieux la lune brille et fuit ;
La cloche de Noël résonne dans la nuit.Sourire

Jean-Jacques Ampère.
(1800-1864)

 

 

 



Commentaires

11.06 | 21:28

ma petite puce ,je reviens sur ta page d’accueil que tu avais si bien faite je sais ô combien tu aimais tes enfants!! C' était la meilleure chose que tu avais .

...
08.10 | 21:44

Courage ma douce Marie- Odile, je partage de tout coeur votre souffrance mon Dieu perdre un enfant ,j'adore les roses que Romain en reçoive d
es

...
09.08 | 21:24

Je connais votre souffrances j'ai moi-même perdu une petite Celine qui est parti dans ce grand jardin que l on appelle le paradis bon courage à vous

...
20.05 | 02:27

Je ne vous connaissais pas avant ce soir, mais j'ai très vite compris pour votre fils. Je vous souhaite de tout coeur force et espoir afin de le retrouver.

...
Bonjour !
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